Le financement de la Coupe du Monde

Intro

         Saviez-vous que le Qatar prévoit un budget de 200 milliards de dollars pour accueillir la Coupe du Monde 2022 ? A titre de comparaison, 200 milliards de dollars permettraient d’éradiquer le fléau de la faim dans le monde pendant 6 ans et demi . Une somme astronomique qui nous amène à nous poser avec encore plus d’insistance la question du financement d’un Mondial de football , à l’heure où le Brésil essaye tant bien que mal de limiter la facture pour l’été 2014 . Combien coûte l’organisation du tournoi ? Qui paye quoi ? Qui se partagent les recettes ? Essayons de déchiffrer ensemble les différents enjeux de ce financement qui semblent dépasser, depuis les précédentes éditions , (et de loin) , les enjeux sportifs .

Le financement de la Coupe du monde

            La FIFA confie l’organisation du tournoi à proprement parler à un Comité d’organisation local. Le Comité d’organisation local est le principal acteur de la mise en place d’un Mondial même si son budget reste assez limité (de 300 à 400 millions de dollars) .  Il a pour mission la planification du tournoi , l’embauche du personnel , l’animation autour des stades  et la commercialisation des billets . Ce comité , rattaché à la fédération organisatrice est financé par les ventes de billets , les sponsors nationaux  et par les profits de la FIFA .

             Organiser dignement une Coupe du Monde est une chose de plus en plus coûteuse ( cf tableau ) . Le coût pour les pays organisateurs  augmente de façon exponentielle tous les 4 ans . Cela est dû aux exigences de la FIFA, de plus en plus strictes concernant le confort des délégations et des supporters . LA FIFA fixe des objectifs aux pays organisateurs mais généralement ceux-ci sont revus à la hausse , au frais du contribuable . C’est pourquoi les prévisions initiales sont souvent en contradiction avec les chiffres réels .

 

 Les infrastructures sportives  

         Qui dit Coupe du Monde, dit construction et rénovation de stades. Une tâche qui incombe généralement aux collectivités locales, à l’Etat et plus rarement à des entreprises privées . Les montants investis varient logiquement d’un Mondial à l’autre selon la nécessité du pays hôte. A titre d’exemple,on estime que l’Afrique du Sud a payé 1 milliard d’euros pour rénover ses stades à l’occasion du Mondial 2010, soit près de 100 dollars par habitant. Cette somme correspondait tout de même à la construction de plus de 300 kilomètres de route.. Le Brésil devrait largement dépasser ce montant . En effet , le mythique stade Maracana a du voir sa capacité passer de 250000 à 80000 places pour se conformer aux exigences de la FIFA .  Coût des opérations ? 431 millions d’euros soit 3 Airbus A 380 ! Parfois les couteuses constructions de stades se résument à un gachis . Dans certains cas des stades sont construits avec une capacité digne d’un Mondial mais se retrouvent presque vides lorsque les équipes locales doivent y jouer . Les loyers payés par la FIFA pour la coupe du Monde ne suffisent pas à rentabiliser les constructions alors que c’est elle même qui encourage les investissements.

Les stades sud-Africains construits ou agrandis pour le Mondial sont aujourd’hui remplis à 5 voire 10 % de leur capacité lors des matchs des équipes locales

Les autres infrastructures

         La responsabilité des pays hôtes ne s'arrête pas au simple domaine sportif . L’organisation du Mondial donne l’occasion de procéder à de grands travaux pour soutenir l’action du Comité d’organisation . Le contribuable aura ainsi a sa charge le financement de projets qui seront utiles même une fois le Mondial terminé . Le ministre des Sports brésilien , Orlando Silva a annoncé un vaste plan d’investissements de 18.7 milliards de dollars . Parmi les projets à effectuer figurent les 6.5 milliards de dollars déstinés à ameliorer la mobilité urbaine ."Nous travaillerons d'une manière opportune et transparente pour préparer le Brésil à la Coupe du monde et à l'avenir", a déclaré M. Silva. Le ministre a également souligné la dimension écologique que le Brésil s’efforcera de respecter pour son Mondial (voir article sur les enjeux écologiques).

Les Sud-Africains bénéficient d’un réseau de transports rénové depuis le Mondial 2010 .

Abdoulbar DJAFFAR

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